① La même vie, née quatre fois
Pour la même carrière, combien lui verse-t-on en retraite pour un euro cotisé ?
Choisir un métier. Les quatre cartes vivent la même carrière — seule l'année de naissance, et les règles qu'elle subit, change. Montants en euros constants, comme le « deux fois ce qu'elle a cotisé » de la génération 1960 (France Stratégie).
La vie en détail — revenir aux cartes
Personnaliser — tester une autre situation (année, âges, salaires)
② Équilibrer le système — et choisir qui paie
Une pension n'est pas de l'argent mis de côté : elle est prélevée chaque mois sur les salaires des cotisants du moment. Quatre leviers existent, chacun a un prix et quelqu'un qui le paie. L'année est un réglage — 2050 pour commencer, de 2026 à 2070 au choix.
Réglages avancés — salaire de référence, natalité, années passées
Méthodologie, hypothèses & sources
- Tous les montants sont en euros d'aujourd'hui (euros constants 2025), sans actualisation financière. Salaires saisis en net (÷ 0,78 → brut pour les cotisations, approximation privé) ; pensions affichées nettes (−9,1 % CSG-CRDS-Casa).
- Les quatre cartes (①) : même carrière (salaires constants 2025), âge de départ réaliste par génération (61 · 64 · 65 · 66), fin de vie = espérance de vie de la cohorte (à 65 ans : ≈ 81-82 ans vers 1980, 86,5 en 2025, +≈ 1 mois par an ensuite, plafonné à +5 ans ; variantes cadre/ouvrier). Le ratio « reçu / versé » est un taux de récupération en euros constants — la convention de France Stratégie (Chojnicki, Navaux, Ragot, modèle MELETE, 2016 : plus de 4 € pour la génération 1930, ≈ 1,9 € pour 1960, ≈ 1,4 € après 1975), celle du « deux fois ce qu'elle a cotisé ». La part du dernier brut servie en pension est ≈ 77 % du dernier net pour le salaire médian (DREES) ; la génération 1950 du labo se voit alors verser ≈ 2 € pour 1 € cotisé. L'autre convention, celle de l'INSEE et du COR (Dubois & Marino, Retraite et société n° 73, 2016), rapporte chaque flux au salaire moyen de son année : les cotisations des années 1950-80, prélevées sur des salaires réels bien plus bas, y pèsent davantage, et la génération 1950 ne reçoit plus que 1,75 € pour 1 € cotisé (1,27 pour 1980). Le paramètre
gSmptdu code permet de basculer. Pour les générations parties après 2025, le labo applique la pension que les cotisations seules financent (grand chiffre) et montre aussi la pension maintenue aux règles d'aujourd'hui, dette léguée (petite ligne). Pour les générations parties après 2025, l'INSEE applique la pension promise par la loi, financée par n'importe quoi ; le labo applique la pension que les cotisations seules financent — d'où des ratios plus bas (0,9 au lieu de 1,27 pour la génération 1980). Ordres de grandeur. - Heures de travail pour cotiser : pour chaque année de carrière, taux de cotisation × durée annuelle du travail de l'époque (≈ 1 850 h/an vers 1970 → ≈ 1 610 h après les 35 heures) — méthode S. Catherine. Série des heures : estimation.
- Ce que chacun verse = salaire brut × taux de cotisation vieillesse de chaque année (série ≈ 13 % en 1970 — régime général 8,5 % + complémentaires naissantes — → 28,1 % en 2025, calée sur les moyennes générationnelles 22 % / 28 %, estimation S. Catherine). Âges légaux historiques : 65 ans → 60 (réforme 1982, effective 1983) → 62 (réforme 2010, montée achevée en 2017) → 62 ans 9 mois en 2025 (réforme 2023 en montée) — montée suspendue par la LFSS 2026 (art. 105) : 62 ans 9 mois et 170 trimestres gelés jusqu'au 1er janvier 2028 ; 64 ans atteints vers 2032 si la réforme reprend (hypothèse de référence du COR, retenue ici pour le futur).
- Départs ≤ 2025 : règles réelles (taux de remplacement observé, dégressif). Départs > 2025 : jeu à somme nulle — pension = taux × ratio cotisants/retraité de la génération (COR juin 2026 : 1,8 en 2025 → ≈ 1,55 en 2040 → 1,3 en 2070) × salaire brut fin.
- La cascade de la dette (①) : chaque carte peut cocher « maintenir la pension et léguer la dette ». La part non financée de la pension (pension maintenue − pension d'équilibre, cumulée sur sa retraite, rapportée à un actif de la génération suivante via le ratio démographique) devient une dette : la génération suivante la rembourse en impôts tout au long de sa carrière — sauf si elle coche à son tour, auquel cas la dette s'ajoute à la sienne et glisse d'une génération. La carte 1950 est cochée par défaut : c'est ce qui s'est réellement passé — aujourd'hui cette dette est comblée en prenant ailleurs dans le budget, 145 Md€ en 2025 (COR juin 2026). Dettes par tête, hors intérêts — ordres de grandeur.
- Le jeu « Équilibrer le système » (②) — les mêmes chiffres que le site (COR juin 2026) : le jeu compte en brut, par retraité : la dépense du système — 422,2 Md€ pour 17,4 millions de retraités, soit ≈ 2 020 € bruts par mois — face à ce que les cotisations seules encaissent (277 Md€, ≈ 1 330 € par retraité) : 66 %. Cette dépense par retraité n'est pas « la pension d'un retraité » : la pension moyenne de droit direct est de 1 666 € bruts (1 541 € nets) fin 2023 (DREES, résidents en France) ; s'y ajoutent la réversion (≈ 39 Md€), le minimum vieillesse, les majorations, les frais de gestion et l'action sociale, et deux revalorisations (2024, 2025). L'écart 2025 (≈ 695 € bruts par retraité) multiplié par le nombre de retraités redonne exactement les 145 Md€ non contributifs du Mondrian. Équation : couvert par les cotisations = taux × ratio cotisants/retraité × salaire brut moyen par tête, avec un salaire brut moyen par tête de 2 685 € (assiette moyenne des ≈ 30,6 M de cotisants, calée pour que 28,1 % × masse salariale = 277 Md€). Le nombre de retraités d'une année = cotisants (≈ stables) ÷ ratio cotisants/retraité (COR). Levier âge : ≈ +0,06 cotisant par retraité par année de report (estimation) ; natalité +0,2 enfant par femme : +0,1 seulement après 2050. Le niveau « scénario COR » applique la baisse de la pension relative que le COR projette avec l'indexation sur les prix (54,6 % du revenu d'activité moyen en 2025 → ≈ 49,7 % en 2050, 45,3 % en 2070) : −9 % en 2050. Les quatre parts du résultat sont calculées par rapport à la situation de référence (28,1 %, 64 ans, pension d'aujourd'hui) : part « cotisants » = supplément financé par la hausse du taux, « futurs retraités » = supplément financé par le report d'âge, « retraités » = baisse de la pension, « pris ailleurs » = l'écart restant, comblé comme aujourd'hui par les impôts, la dette et les budgets des ministères. Tout est en euros d'aujourd'hui, sans gain de productivité : la mission « la même pension qu'aujourd'hui » suppose que les pensions suivent les salaires, ce que l'indexation sur les prix ne fait pas — d'où le niveau COR.
- Une pension relative plus basse ne veut pas dire un niveau de vie plus bas : en moyenne, les retraités vivent au niveau des actifs, ou mieux — très majoritairement propriétaires de leur logement, moins de dettes et de frais (COR : niveau de vie relatif ≈ 97 %, ≈ 105 % en comptant le logement possédé). Le pourcentage mesure un flux de revenu, pas un niveau de vie.
- Non modélisés : plafonds, minimum contributif, redistribution, carrières hachées, fonction publique et régimes spéciaux, réversion. Ordres de grandeur pédagogiques, pas un droit à pension.
- Sources : COR, rapport annuel juin 2026 · INSEE, espérance de vie · Dubois & Marino (INSEE), taux de récupération par génération, 2016 · S. Catherine · tableur de travail.